L’Europe fêtée par Depardieu, Hugo et « Dany le rouge »
(article du 11 mai 2005, extrait)
« A la Sorbonne, l’ambiance est moins consensuelle. Le député vert européen Daniel Cohn-Bendit y retrouve M. Barnier et son homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos, pour défendre le oui à l’invitation des « étudiants pour le oui ». « Dany, c’est bien, maintenant t’es du côté du pouvoir. T’as bien réussi ta carrière, bravo, Dany le jeune » : une femme d’une cinquantaine d’années siffle copieusement pour couvrir le débat et lance son amertume à « Dany le rouge ». »
« J’ai été plusieurs fois traître »
« L’ancienne icône de mai 1968 soupire : « Mais j’ai été plusieurs fois traître. En 1972, à la cause juive, quand j’ai été en Israël défendre la création d’un Etat palestinien. Puis aux pacifistes allemands, quand j’ai réclamé une intervention militaire pour protéger les Bosniaques... » Michel Barnier juge que « Daniel est assez grand pour se défendre tout seul », mais s’énerve un peu : « Vous faites comme si on était toujours en train de cuire notre petite soupe sur notre feu. Le monde a changé. Il y a une époque aussi où un ministre de droite mettait des jeunes en prison pour une radio libre. »
L’UNEF et Attac s’indignent de ne pas pouvoir eux aussi organiser un débat pour le « non » dans la prestigieuse université. « J’en ai parlé au recteur. Je suis d’accord avec vous, toutes les voix doivent s’exprimer », plaide « Dany ». « S’il faut attendre Daniel Cohn-Bendit pour avoir une salle ! », s’agace une étudiante.
Dehors, le petit collectif « La Sorbonne pour le non » s’affronte, avec ses tambours de fer, à la fanfare et aux percussions d’une centaine de partisans du oui. On crie, on chante, on s’invective et on se moque. Les partisans du oui n’apprécient guère la parodie de prière du camp d’en face, terminée par un simulacre d’absolution : « Au nom du libéralisme, je vous bénis oui-oui ! » » |