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Accueil - Activités - 2004-2005 - mai 2005 : Débat public à la Sorbonne - Revue de presse  
l’Humanité - article du 11 mai 2005 : Barnier et Cohn-Bendit en duo à l’université





Barnier et Cohn-Bandit en duo à l’université

« Sur la place de la Sorbonne, à Paris, les grosses caisses commencent à se faire entendre et les tracts volent sur les pavés. Maxime Combes, militant d’ATTAC Campus, répond patiemment aux journalistes qui lui tendent tour à tour leur micro. « Nous sommes ici pour dénoncer le parti pris institutionnel pour le « oui » à la constitution européenne », répète l’étudiant. « Dans les facs, ça se traduit par l’interdiction pour les partisans du « non » de tenir des meetings. » De fait, plusieurs universités ont préféré montrer portes closes aux détracteurs du traité. Ce lundi après-midi, une petite centaine de personnes s’était donc donné rendez-vous au pied de la prestigieuse université à l’appel des « 200 jeunes pour un « non » de gauche antilibéral. » La date était choisie exprès. Ce même jour, la grande salle de la Sorbonne ouvrait ses portes au ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier, à son homologue espagnol, Miguel Angel Moratinos, et à Daniel Cohn-Bendit, député Vert européen, venus défendre le traité à l’invitation des associations Jeunes décideurs d’Europe et Europe métropoles. Trois cents jeunes les ont écoutés, parfois dubitatifs, sur les apports sociaux du traité.

Dehors, privé d’amphi, Igor en rit presque. « Nous utilisons l’expression publique pour défendre le « non », c’est tout ce qu’il nous reste », regrette, un rien sarcastique, le responsable parisien de l’Union des étudiants communistes. Depuis plusieurs semaines les 200 jeunes demandent un amphithéâtre où tenir un meeting. En vain. « Ce débat politique n’a pas lieu d’être dans l’enceinte de l’université », répond Daniel Ollivier, directeur de cabinet du président de Paris-IV. « Notre position est claire et limpide » : aucune conférence, qu’elle soit pour le « oui » ou pour le « non », n’a été autorisée dans cette université. A Paris-I, qui partage l’usage des salles de la Sorbonne, la politique est plus souple. Pour preuve, « même Marie-Georges Buffet est venue », avance Catherine Germain, directrice de cabinet du président de l’université. « Nous demandions aux étudiants que les débats soient contradictoires. De toute façon, maintenant, les amphis sont occupés de 8 heures à 22 heures pour les examens. » Lundi, Michel Barnier et Daniel Cohn-Bendit profitaient d’une autorisation spéciale du rectorat. « Je vais inviter le recteur à laisser une salle aux défenseurs du non », a déclaré le député des Verts.

Lundi soir, la présence du leader de mai 1968 aux côtés d’un ministre de droite en laissait beaucoup indifférents. « Je n’ai jamais pensé qu’il porterait des idées de transformation sociale », tranche Igor. Dans la salle, le député européen est secoué. « Dany, t’as viré jaune ! T’es plus rouge. Dany ! » lui lance une femme avant d’être raccompagnée vers la sortie. Le député balaie l’interpellation d’un revers de main et reprend : « Cette constitution offre la chance de dépasser les égoïsmes de souveraineté. » « Elle comprend plus de définitions sociales que tous les traités précédents », argue-t-il. Michel Barnier, lui, assure que « le traité ne comprend pas tous les progrès souhaités, mais qu’il ne comprend que des progrès ». On parle d’Europe, beaucoup, du traité constitutionnel, très peu. »

Vincent Defait


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